Entrée & séjour
Travailler légalement au Vietnam : sponsor, permis de travail et carte de résidence, dans l'ordre

Travailler au Vietnam en tant qu’étranger, ce n’est pas « obtenir un visa de travail ». C’est empiler trois titres distincts, délivrés par des autorités différentes, dans un ordre qui ne se négocie pas — et celui qui commande toute la séquence, le permis de travail, ne dépend pas de toi : c’est l’entreprise qui t’embauche qui en porte la demande.
Ce guide décrit la séquence réelle depuis l’entrée en vigueur du décret 219/2025, le calendrier à prévoir, ce que ça coûte, et les erreurs qui font perdre des semaines ou coûtent une expulsion. Il ne redéfinit aucun symbole de visa : pour savoir ce qu’est un LĐ2, un TT ou un ĐT3, le référentiel des visas fait foi et cette page y renvoie systématiquement.
- Fond vérifié au 30 avril 2026 (fiche de connaissance) · page rédigée le 9 août 2026
- Cadre : décret 219/2025/NĐ-CP, en vigueur depuis le 7 août 2025
Sommaire
- 01 Trois titres, pas un — et pas dans le désordre
- 02 Sans sponsor, il n’y a pas de dossier
- 03 La chronologie réelle : 2 à 3 mois
- 04 Cinq situations, cinq trajectoires
- 05 Ce que ça coûte, et ce qu’un salaire crédible veut dire
- 06 Les erreurs qui coûtent le plus cher
01 Trois titres, pas un — et pas dans le désordre
La confusion la plus fréquente chez les candidats francophones tient en une phrase : ils croient demander un document. Il y en a trois, et ils ne se remplacent pas.
| Titre | Ce qu’il autorise | Qui le délivre |
|---|---|---|
| Visa d’entrée | entrer et séjourner | services d’immigration |
| Permis de travail (giấy phép lao động) | occuper un emploi salarié | autorités provinciales |
| Carte de résidence temporaire (TRC) | rester sans visa pendant sa validité | services d’immigration |
Le permis de travail est délivré par les autorités provinciales, et c’est lui qui autorise l’emploi salarié.
L’organe compétent a changé récemment : le décret 219/2025 a transféré la délivrance aux comités populaires provinciaux.
Attention à ce que ce transfert ne dit pas. La table du référentiel citée ci-dessus donne comme état antérieur « ministère du Travail (MOLISA), puis départements provinciaux » : l’instruction était donc déjà provinciale avant le décret. Ce que 219/2025 change, c’est l’organe provincial compétent, pas le passage du national au provincial.
La conséquence pratique, elle, ne change pas : ton dossier se joue dans la province où se trouve ton employeur, pas à Hanoï (voir §03 pour ce que ça fait au calendrier).
L’ordre : le permis d’abord, le visa de travail ensuite
Le réflexe naturel — « je prends un visa de travail, puis je cherche un job » — est exactement l’inverse de la mécanique. Dans la séquence décrite au §03, le visa LĐ1 ou LĐ2 et la TRC arrivent en avant-dernière étape, une fois le permis obtenu ou l’exemption reconnue.
Lequel des deux symboles te concerne se joue sur un seul critère : LĐ1 pour qui détient un certificat d’exemption de permis de travail, LĐ2 pour qui doit en obtenir un — le cas de la quasi-totalité des salariés recrutés localement. C’est le critère de tri, pas la définition légale : celle-ci, avec son verbatim, est au référentiel.
La TRC, c’est elle qu’on vise
Le visa autorise l’entrée. La carte de résidence temporaire dispense de visa pendant toute sa validité — c’est le titre qui rend une installation vivable, parce qu’il supprime les renouvellements à répétition.
Un seul plafond à retenir ici, parce que c’est lui qui commande ton plan : un visa LĐ1 ou LĐ2 ne dépasse pas 2 ans, et la TRC qui l’accompagne plafonne au même niveau.
Les durées des autres symboles — plus longues pour certains — sont dans la table du référentiel. Cette page n’en recopie aucune : c’est là-bas qu’on les corrige quand la loi bouge.
Le passeport se renouvelle avant, jamais après
Pour demander une carte de résidence, ton passeport doit conserver au moins 13 mois de validité. En dessous, tu n’obtiens qu’un visa.
Et la marge se chiffre : la carte délivrée est au moins 30 jours plus courte que la validité restante du passeport, ce qui veut dire qu’un passeport à 13 mois donne une carte de 12 mois au mieux — même avec un
LĐ2en règle.C’est l’erreur de calendrier la moins visible et l’une des plus coûteuses : elle ne se manifeste qu’au guichet, quand tout le reste du dossier est prêt. Réserve de provenance : ni la fiche ni le référentiel ne rattachent le seuil de 13 mois à un texte.
02 Sans sponsor, il n’y a pas de dossier
C’est le point de départ, et il n’est pas contournable. Sans sponsor, pas de permis — le système entier est construit autour de l’employeur, pas autour du candidat.
Concrètement, ça a trois conséquences sur ta manière de chercher un poste.
Le support visa se négocie dans le package, dès la première discussion sérieuse. Pas au moment de la promesse d’embauche, encore moins après. Une entreprise qui n’a jamais sponsorisé d’étranger va découvrir la procédure en même temps que toi, et c’est elle qui porte la moitié du dossier (§03). Demander « avez-vous déjà fait un permis de travail pour un étranger ? » en entretien n’est pas déplacé : c’est une question de faisabilité.
Arriver sur place « pour chercher » inverse le risque. Ça reste possible — le §04 décrit la trajectoire de régularisation — mais tu te retrouves à courir après un compte à rebours au lieu de préparer tranquillement une légalisation de diplômes qui prend, elle, 4 à 8 semaines.
Changer d’employeur n’est pas neutre. Le permis est lié à un employeur précis : tout changement d’entreprise, de poste ou de province impose une mise à jour ou une nouvelle demande.
L’exemption existe, mais c’est une exception statistique
Le LĐ1 — travailleur dispensé de permis — fait rêver, et il fait perdre du temps à beaucoup de candidats qui espèrent y entrer. Les ordres de grandeur remettent les choses en place : sur environ 162 000 travailleurs étrangers au Vietnam fin 2024, environ 12 800 étaient exemptés.
Autrement dit : l’exemption est la porte étroite, pas la porte d’entrée. Un cas revient toutefois assez souvent chez les francophones pour mériter d’être vérifié en amont — le mariage avec une ressortissante ou un ressortissant vietnamien, que la fiche de connaissance qualifie de « raccourci administratif majeur ».
Attention à ne pas empiler deux exemptions différentes
Le certificat d’exemption de visa des viet-kiều (5 ans, ouvert aussi aux conjoints) et le certificat d’exemption de permis de travail sont deux documents distincts, sur deux titres distincts du §01. Détenir le premier ne dit rien du second. L’articulation exacte entre les deux n’est établie par aucune de nos sources actuelles.
Le cas du freelance : il n’y a pas de troisième voie
C’est le profil le plus coincé du marché vietnamien, et celui sur lequel circule le plus de mauvaises informations. Le point de départ, tel que notre fiche de connaissance le formule : l’e-visa et le visa tourisme ne permettent pas de facturer un client vietnamien, même depuis l’étranger.
Une réserve d’honnêteté avant d’aller plus loin. Les deux instruments que ce guide déclare en tête — la loi sur l’entrée et le séjour des étrangers, et le décret 219/2025 sur les travailleurs étrangers — gouvernent l’entrée, le séjour et l’emploi salarié. La facturation d’un client relève du droit fiscal et commercial, qui est un autre ordre juridique et que nous n’avons pas établi ici. La phrase ci-dessus est donc une règle de prudence adossée à notre fiche, pas une disposition citée d’un texte.
Cela posé, deux cas à ne pas confondre, parce qu’ils n’ont pas le même statut :
- Client vietnamien, sans société locale ni contrat local — c’est une infraction, pas une tolérance. Le référentiel est net : exercer une activité sous e-visa ou visa touristique expose à des amendes, et le §06 de cette page rappelle ce qu’on encourt. Le mot « zone grise » qu’on lit partout décrit le risque d’être attrapé, pas la légalité de la situation.
- Clients uniquement étrangers, payés à l’étranger — là, la qualification est réellement incertaine et dépend de ta durée de présence. C’est le seul cas qui mérite le terme.
Et non, il n’existe pas de catégorie taillée pour ce cas : le Vietnam n’a pas créé de visa digital nomad dédié.
Il reste donc deux sorties honnêtes : se faire embaucher par un employeur local — c’est l’objet de cette page — ou créer ta structure, auquel cas tu quittes la famille LĐ pour la famille ĐT, avec ses seuils de capital et son piège de tranche. Cette seconde voie ne dépend d’aucun employeur : elle est traitée dans le guide du visa investisseur.
03 La chronologie réelle : 2 à 3 mois
La marche à suivre depuis le décret 219/2025 tient en sept étapes. À lire pour ce qu’elle est : une séquence pratique, pas le sommaire d’un décret. Elle vient de notre fiche de connaissance, et ses deux premières étapes ne sont prescrites par aucun texte — ce sont tes décisions à toi. La colonne « qui la porte » est celle qui manque dans la plupart des guides, et c’est elle qui te dit sur quoi tu peux agir.
| # | Étape | Qui la porte |
|---|---|---|
| 1 | Clarifier la trajectoire : salarié sponsorisé, investisseur, ou mission courte | toi |
| 2 | Trouver le sponsor et négocier le support visa dans le package | toi |
| 3 | Dossier candidat : passeport, diplômes légalisés et traduits, casiers, certificat médical | toi |
| 4 | Dossier employeur : demande, description de poste, justification | l’employeur |
| 5 | Dépôt provincial | l’employeur |
| 6 | Visa LĐ1/LĐ2 puis TRC |
l’employeur, avec toi |
| 7 | Maintien à jour à chaque changement | l’employeur, avec toi |
Le dossier employeur tient en un formulaire unique — la fiche l’identifie comme le « formulaire unique décret 219 », sans dire que le décret l’ait créé.
Les deux seules étapes qui décident du calendrier
Sur ces sept étapes, deux consomment la quasi-totalité du temps. Les cinq autres se règlent en jours.
La légalisation des diplômes, en France : 4 à 8 semaines. C’est l’étape qui bloque 80 % des dossiers.
Elle a une propriété qui la rend particulièrement dangereuse : elle ne dépend ni de ton employeur, ni du Vietnam. Personne sur place ne peut l’accélérer, aucune agence vietnamienne ne peut la reprendre. Elle se lance donc dès la promesse d’embauche, en parallèle de tout le reste, jamais en séquence. Un candidat qui attend la signature du contrat pour envoyer ses diplômes à légaliser vient d’ajouter deux mois à son projet.
⚠️ Apostille ou légalisation consulaire ? Vérifie avant d’engager les frais. « Légalisation » recouvre en français deux circuits distincts — l’apostille de la cour d’appel, réservée aux États parties à la convention de La Haye, et la légalisation consulaire de droit commun. Guichets, délais et coûts diffèrent. Nos sources donnent le délai (4 à 8 semaines) mais pas le circuit applicable au Vietnam : demande-le au consulat du Vietnam avant de lancer la démarche.
Le dépôt provincial : 10 jours ouvrables légaux, mais pas partout. Le délai légal est de 10 jours ouvrables une fois le dossier complet. Dans les faits, il est tenu à Hô Chi Minh-Ville, Hanoï et Đà Nẵng ; en province, compter 3 à 4 semaines.
Notre fiche donne cet écart sans en donner la cause, et nous n’en inventerons pas une : ce n’est en tout cas pas un effet du transfert de compétence décrit au §01, puisque l’instruction était déjà provinciale avant le décret 219/2025. Ce qui compte pour toi est la conséquence, pas la cause : un poste éloigné d’un grand centre urbain, c’est deux à trois semaines de calendrier en plus, à budgéter dès la date de prise de poste annoncée au recruteur.
Le plan réaliste de bout en bout tient donc en 2 à 3 mois.
Ce qui se vérifie avant de commencer, pas pendant
Deux conditions du dossier candidat méritent d’être contrôlées en amont, parce qu’elles ne se corrigent pas.
L’expérience exigée pour le statut d’expert est de 2 ans, et d’1 an dans un secteur prioritaire. C’est un assouplissement récent : c’était 3 ans avant le décret 219/2025.
La fiche cite la tech, l’innovation et la transformation digitale comme des familles où les exigences sont allégées. C’est une illustration, pas une liste réglementaire : elle ne permet pas de conclure qu’un secteur absent de ces trois mots est exclu du seuil à 1 an. La définition officielle des « secteurs prioritaires » n’est pas établie ici.
Si tu as lu ailleurs qu’il fallait 3 ans d’expérience, la page que tu lisais date d’avant le 7 août 2025. C’est le test le plus rapide pour dater une source sur ce sujet.
Le casier judiciaire est une condition cumulative : il en faut un du pays d’origine et un du Vietnam.
Le second surprend les candidats qui n’ont jamais mis les pieds au Vietnam. Il se demande sur place, ce qui signifie qu’une partie du dossier ne peut pas se préparer entièrement depuis la France.
04 Cinq situations, cinq trajectoires
La séquence du §03 est la même pour tout le monde. Ce qui change, c’est le point d’entrée, et il change beaucoup.
Tu es jeune diplômé, ou tu pars en stage / V.I.E
Point de vocabulaire, à manier avec précaution : le stage relève du symbole DH, l’emploi du symbole LĐ. Mais cette distinction ne tranche pas le cas du V.I.E : ni la fiche ni le référentiel ne disent sous quel symbole il entre, et nous ne le devinons pas ici. Ne l’applique pas mécaniquement à ton cas.
Bonne nouvelle sur ce profil : la procédure est prise en charge par l’employeur ou par Business France. Quant à l’indemnité, ce n’est pas un ordre de grandeur à estimer — c’est un barème, et il est détaillé dans notre guide V.I.E, y compris l’effet d’une prise en charge du logement. C’est ce barème qui fait foi, pas l’arrondi que portait notre fiche de connaissance.
La vraie question n’est pas l’entrée, c’est la sortie. La conversion en CDI local après 24 mois exige un nouveau dossier et une négociation distincte : tu repasses par toute la séquence du §03, cette fois sans Business France derrière toi. Ça se prépare six mois avant la fin du V.I.E, pas le dernier mois.
Un avertissement sur ce renvoi : le guide V.I.E traite le dispositif et son indemnité, pas le volet titre de séjour — il ne parle ni de symbole, ni de permis de travail. Sur ce point-là, tu es au bon endroit ici, et la réponse n’est pas encore établie.
Tu es cadre recruté ou transféré par ton groupe
C’est la trajectoire LĐ2 standard, la plus balisée, et celle où le sujet visa est souvent le plus simple — parce que le groupe a déjà fait la procédure. Le risque se déplace ailleurs : sur le coût réel du package et sur la fiscalité.
Côté coûts, les postes qui pèsent sont la scolarité, l’assurance et le logement — trois lignes qui ne dépendent pas de ton employeur, et que cette page ne chiffre donc pas. Les fourchettes tenues à jour sont dans le guide budget et le guide santé et assurances. Ce sont eux qui font foi, et c’est là qu’il faut aller chercher les montants : négocier un package sur un chiffre de seconde main est le mode de panne le plus courant de cette trajectoire.
Côté fiscalité, le seuil ne se discute pas : au-delà de 183 jours par an, tu es résident fiscal vietnamien, avec des tranches jusqu’à 35 %. Ça s’anticipe avec un conseil fiscal avant l’arrivée, pas à la première déclaration.
Tu es freelance avec des clients vietnamiens
Le §02 a posé le problème : sans employeur, il faut une structure — et créer une société te fait quitter cette page. Tu passes de la famille LĐ, celle du salarié parrainé, à la famille ĐT des investisseurs, qui ne dépend d’aucun employeur. Le guide du visa investisseur compare les quatre tranches, leurs seuils de capital et ce qu’elles ouvrent. Si ta question porte moins sur le capital que sur le choix entre les portes ouvertes sans employeur — famille, investissement ou exemption —, c’est le guide des titres de séjour longue durée qui les compare entre elles.
Une seule chose est à savoir avant de fixer ton capital, parce qu’elle se joue au moment de la création et ne se rattrape pas : le montant apporté décide de la tranche ĐT, et la tranche décide de l’accès à la carte de résidence. Sous-capitaliser de peu peut donc te coûter le titre de séjour long. Les seuils et ce que chaque tranche ouvre ne sont pas repris ici — ils sont dans le référentiel et dans le guide longue durée.
Tu es déjà sur place, ton e-visa expire, et tu as un job
Situation fréquente et gérable, à condition de ne pas perdre la première semaine. L’e-visa autorise jusqu’à 90 jours et des entrées multiples depuis la loi 23/2023 — mais il n’autorise pas à travailler (§06).
La séquence de régularisation tient en quatre semaines : J1 sponsor confirmé, semaine 1 dossier candidat, semaine 2 extension du visa (150 à 300 USD), semaines 3 et 4 dépôt du permis.
Deux remarques sur ce calendrier. D’abord il suppose que tes diplômes sont déjà authentifiés : s’ils ne le sont pas, les semaines du §03 s’ajoutent et le plan ne tient plus.
⚠️ Ensuite — et c’est le point à vérifier avant de compter sur ce calendrier. Cette séquence vient de notre fiche de connaissance, qui décrit une conversion praticable sans sortir du territoire. D’autres sources décrivent une sortie du territoire obligatoire, et aucune des deux versions ne porte de verbatim sur ce point précis. Ce n’est pas un détail de rédaction : c’est un billet d’avion et un mois de calendrier. Avant d’engager quoi que ce soit, fais confirmer par le service d’immigration de la province de ton employeur — et garde le budget d’une sortie en réserve.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire tient en une ligne : les border runs Cambodge/Laos sont devenus un motif de blocage à l’immigration. Ne pas tenter.
Un blocage à l’entrée n’est pas un contretemps : il invalide la demande en cours et pèse sur les suivantes.
Tu pars en famille
Une fois ton LĐ1 ou LĐ2 obtenu, tu peux faire venir ton conjoint et tes enfants de moins de 18 ans sous le symbole TT.
⚠️ Tes parents n’en font pas partie. Ils figuraient dans la rédaction de 2014, la loi 51/2019 les a retirés au 1ᵉʳ juillet 2020. Ils ne restent bénéficiaires que du côté d’un citoyen vietnamien — donc pas du tien, sauf si ton conjoint est vietnamien. Beaucoup de guides francophones servent encore l’ancienne liste : ne monte pas un dossier « parents » sur cette base.
Le seul point que tu dois intégrer avant de signer, parce qu’il décide souvent du oui ou du non familial : le TT donne un droit de séjour, pas un droit de travailler. Si ton conjoint veut travailler après la première année, il lui faut son propre permis, donc son propre employeur sponsor, donc toute la séquence du §03 pour lui aussi.
Le reste — durée de la carte de résidence des TT, dossier par enfant, ce qu’il advient si tu perds ton emploi — ne dépend plus de ton employeur, donc plus de cette page : le guide des titres de séjour longue durée le traite en entier. Pour le coût de la scolarité et de l’assurance famille, les chiffres tenus à jour sont dans le guide budget.
05 Ce que ça coûte, et ce qu’un salaire crédible veut dire
Les frais
| Poste | Fourchette | Nature |
|---|---|---|
| Frais gouvernementaux du permis | 600 000 – 1 000 000 VND | redevance |
| Permis tout compris (traductions, légalisation, médical, agence) | 500 – 1 000 EUR | prix de marché |
TRC — 2 ans au maximum en LĐ1/LĐ2 |
montant non établi | redevance |
| Accompagnement par une agence, hors légalisation | 250 – 500 USD | prix de marché |
| Extension de visa en urgence (§04) | 150 – 300 USD | prix de marché ; la redevance officielle, elle, n’est pas établie |
La colonne « nature » n’est pas décorative. Une redevance est fixée par un texte : elle change le jour où ce texte change, et une page qui l’affiche sans dire lequel devient fausse sans prévenir. Un prix de marché ne se périme pas de la même façon. Les confondre dans une même colonne de chiffres, c’est ce qui fait qu’un lecteur négocie une marge d’intermédiaire en croyant discuter un tarif officiel.
C’est pour la même raison que la ligne TRC ne porte aucun montant : notre fiche de connaissance en donne deux, qui ne se recoupent pas, et une relecture en propose un troisième, adossé à un barème par tranche de durée qu’aucune de nos sources ne contient. Trois valeurs invérifiables valent zéro valeur — mieux vaut te dire que nous ne savons pas que t’annoncer un tarif qui décide de ton budget.
L’écart entre les deux premières lignes, lui, n’est pas une contradiction : les frais gouvernementaux, c’est le timbre. Le reste, ce sont les traductions assermentées, la légalisation, la visite médicale et, si tu passes par un intermédiaire, sa marge. La légalisation des diplômes en France reste hors de tous ces devis — c’est la ligne que les agences ne facturent pas, parce qu’elles ne la font pas.
Le salaire
Question posée par presque tous les candidats : y a-t-il un minimum pour obtenir un permis ? Il n’existe pas de seuil salarial officiel pour les étrangers. Le salaire doit être cohérent avec le statut et supérieur au salaire minimum de la zone I — nous ne donnons pas le montant ici tant qu’il n’est pas re-sourcé sur le décret en vigueur. Pour un profil expert, un package crédible démarre autour de 1 500 à 2 000 USD par mois, soit très au-dessus du plancher : c’est ce chiffre-là qui compte pour toi.
La nuance importe : le minimum légal est un plancher juridique, pas une cible de négociation. Un dossier qui présente un « expert » payé au minimum de la zone I est incohérent avec lui-même, et c’est le genre d’incohérence qui se voit à l’instruction.
Pour situer une offre, cette page ne donne pas de repère chiffré de marché, et c’est délibéré. Les deux fourchettes que porte notre fiche — « salaire francophone moyen » et « haut de fourchette expert » — sont au-dessus de ce que publie notre propre guide des secteurs qui recrutent, qui est justement la page de destination sur ce sujet : son plafond est inférieur au plancher de notre « haut de fourchette ». Envoyer un candidat calibrer sa négociation sur des chiffres que la page suivante contredit serait le pire service à lui rendre.
Tant que l’écart n’est pas expliqué, c’est le guide des secteurs qui fait foi. Une hypothèse reste ouverte et suffirait à tout réconcilier — une fourchette annuelle lue comme mensuelle — mais elle n’est pas vérifiée.
06 Les erreurs qui coûtent le plus cher
1. Travailler sous e-visa ou visa tourisme
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus lourdement sanctionnée. L’e-visa ne permet pas de travailler : amende de 15 à 25 millions de VND, expulsion, et interdiction de retour.
Le coût ne s’arrête pas à toi : l’employeur est sanctionné lui aussi, et plus lourdement. Nous ne donnons pas de montant ici. Notre fiche en porte un, sous forme de fourchette plate ; une relecture soutient qu’il s’agit en réalité d’un barème étagé selon le nombre de travailleurs, doublé lorsque l’employeur est une personne morale — c’est-à-dire précisément le cas d’une entreprise. Aucune des deux versions n’est adossée à un texte que nous ayons vérifié. Ce qui compte pour toi ne dépend pas du chiffre exact : c’est pour ça qu’une entreprise sérieuse refusera de te faire commencer « en attendant le permis ».
2. Confondre visa d’affaires et droit de travailler
Le visa business autorise les réunions et les signatures, pas l’emploi salarié vietnamien.
Voir DN1 et DN2 pour ce que ces symboles recouvrent exactement. Et si un intermédiaire te propose un « visa MV » présenté comme un visa affaires longue durée : ce symbole n’existe dans aucun texte.
3. Lancer la légalisation des diplômes trop tard
Voir §03. C’est le seul poste du calendrier que personne ne peut rattraper pour toi, et il représente à lui seul l’essentiel des 2 à 3 mois.
4. Changer de poste ou d’employeur sans procédure
Le permis est lié à un employeur précis. Changer sans procédure = travail illégal, avec les sanctions du point 1 — y compris quand le nouveau poste est chez le même groupe, dans une autre province.
5. Tenter un border run
Voir §04. Motif de blocage à l’immigration, et invalidation de la demande en cours.
6. Lire des sources qui parlent encore du décret 152
C’est le piège documentaire de ce sujet, et il est invisible : une page périmée est écrite au présent, avec assurance, sans date. Le décret 152 est obsolète depuis août 2025 — vérifie que ce que tu lis cite bien le 219.
Trois tests rapides pour dater une page sur ce sujet, sans être juriste :
- elle exige 3 ans d’expérience pour le statut d’expert → antérieure au 7 août 2025 ;
- elle donne l’e-visa à 30 jours, entrée unique → antérieure au 15 août 2023 ;
- elle parle d’un symbole
LĐouĐTunique, sans chiffre → antérieure au 1ᵉʳ juillet 2020.
La table des changements du référentiel donne les autres repères.
7. Oublier le compteur des 183 jours
Voir §04. Le seuil de bascule est à 183 jours, et il n’attend pas que ton permis soit délivré. En revanche, la façon exacte dont le compteur se calcule et son point de départ ne sont pas établis par nos sources, et ce guide ne les donne pas : c’est une question à poser à un conseil fiscal avant l’arrivée, pas après.
Ce que ce guide ne couvre pas
Un signal de péremption d’abord, parce qu’il vaut pour toute la page : le référentiel des visas indique qu’un projet d’amendement est en consultation sur l’instrument qu’il suit, sans date d’adoption connue. C’est le motif de notre revue à deux mois, et la raison pour laquelle une page datée de plus de quelques mois sur ce sujet doit être re-vérifiée avant d’être suivie.
Par honnêteté ensuite, voici ce que nous n’avons pas pu établir sur nos sources. Ces points seront complétés à la prochaine revue plutôt que devinés :
- la durée de validité du permis de travail lui-même et ses conditions de renouvellement. Ce guide donne la durée du visa
LĐ(2 ans) et celle de la TRC (2 ans), qui sont des titres distincts du permis ; - la liste exhaustive des cas d’exemption de permis de travail sous le décret 219/2025. Le §02 signale le cas du conjoint de ressortissant vietnamien parce que la fiche le mentionne ; les autres cas ne sont pas établis ici ;
- la définition officielle des « secteurs prioritaires » ouvrant le seuil d’expérience à 1 an. La fiche donne une famille (tech, innovation, transformation digitale), pas une liste réglementaire ;
- le détail des pièces à fournir par province, et les variantes locales de la procédure ;
- ce qu’un statut de visa interdit exactement en matière de facturation (§02). Les deux instruments déclarés par ce guide portent sur l’entrée, le séjour et l’emploi salarié ; la facturation relève du droit fiscal et commercial, que nous n’avons pas instruit ;
- le régime fiscal lui-même — barème, conventions de non-double imposition, obligations déclaratives, et jusqu’à la méthode de calcul du compteur des 183 jours. Ce guide n’en retient que l’existence du seuil de bascule ;
qui exactement peut être parrainé en— tranché le 2026-08-09 par refetch de la loi 51/2019 : conjoint et enfants de moins de 18 ans seulement, les parents ayant été retirés au 1ᵉʳ juillet 2020. Le §04 porte la citation verbatim ;TT- côté visas, le référentiel déclare ses propres lacunes : durée maximale des visas
HN,DLetVR, conditions de l’exemption unilatérale de visa pour les ressortissants français, et symbolesSQetLS.
Où s’arrête cette page, et où commence l’autre. Le partage ne se fait pas par symbole — tu croiseras ici le TT de la famille, les tranches ĐT et le certificat viet-kiều, parce qu’ils décident de ce que tu as le droit de faire une fois embauché. Il se fait par question posée :
- « Ai-je le droit de travailler sous ce statut, et que me faut-il en plus ? » → c’est ici. Un
TTne suffit pas, un certificat d’exemption de visa n’est pas un certificat d’exemption de permis, unĐT4n’est pas un statut de salarié. Ces réponses-là sont des réponses d’emploi. - « Comment obtenir ce statut, le renouveler, ou le garder si mon employeur disparaît ? » → c’est le guide des titres de séjour longue durée, qui les compare entre eux et détaille chaque démarche.
Le recouvrement est donc assumé et borné : les deux pages parlent des mêmes titres, jamais pour en dire la même chose. Si tu te surprends à lire ici comment obtenir un TT, c’est que tu es sur la mauvaise page — et le lien ci-dessus est le bon.
Tu ne sais pas si ton profil passe
Quelques questions sur ton parcours, ton diplôme et ton employeur potentiel — et tu repars avec la voie qui correspond à ton cas, le calendrier réaliste, et les pièces à préparer en premier.
Sources
- Décret 219/2025/NĐ-CP — travailleurs étrangers au Vietnam
- KPMG Vietnam — lecture commentée du décret 219/2025
- Loi 47/2014/QH13 — entrée, sortie, transit et séjour des étrangers au Vietnam
- Loi 51/2019/QH14 — symboles
LĐ1/LĐ2,ĐT1–ĐT4,DN1/DN2et durées de visa - Loi 23/2023/QH15 — e-visa 90 jours et entrées multiples
- Vietnam Briefing (Dezan Shira) — visas et permis d’emploi, durées de TRC
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