Entrée & séjour

Visa investisseur au Vietnam : le montant que tu inscris au capital décide de ton séjour

Publié le · Par Dinhh · Vérifié le

Créer une société au Vietnam et obtenir un visa d’investisseur, ce n’est pas deux démarches parallèles : c’est une seule décision, prise très en amont. Le jour où tu écris un montant de capital dans les statuts de ta future société, tu choisis en même temps la tranche ĐT qui te sera délivrée, l’accès ou non à une carte de résidence, et la possibilité ou non de faire venir ta famille en TT. Pour la très grande majorité des porteurs de projet, ce chiffre est le seul discriminant entre les quatre symboles ĐT — la loi ouvre bien une seconde porte pour les deux tranches hautes, mais elle ne dépend pas de toi (§01).

Ce guide traite ce que ce montant engage, l’ordre dans lequel la société et le visa s’enchaînent, et les erreurs qui coûtent le plus cher — au premier rang desquelles la sous-capitalisation « pour commencer petit ». Il ne redéfinit aucun symbole : pour savoir ce qu’est un ĐT3, un ĐT4 ou un LĐ2, et pour les durées maximales, le référentiel des visas fait foi et cette page y renvoie systématiquement.

  • Fond vérifié au 30 avril 2026 (fiche de connaissance) · page rédigée le 9 août 2026
  • ⚠️ Cette vérification d’avril n’avait pas vu la loi 143/2025, pourtant en vigueur depuis le 1ᵉʳ mars 2026 : le texte n’apparaissait alors nulle part dans notre corpus. Les points qui en relèvent (§03) ont été rouverts à la source le 9 août 2026 ; les délais, coûts et scénarios du corps, eux, restent datés d’avril
  • Cadre : loi 47/2014 modifiée par 51/2019 et 23/2023 pour les visas · loi 143/2025 sur l’investissement, en vigueur depuis le 1ᵉʳ mars 2026 · décret 219/2025 pour le permis de travail et son exemption

Sommaire

  1. 01 Le capital n’est pas un budget, c’est un curseur de statut
  2. 02 Combien mettre, et pourquoi la marge n’est pas un luxe
  3. 03 L’ordre : la société d’abord, le visa ensuite
  4. 04 Posséder ta société ne te donne pas le droit d’y travailler
  5. 05 Cinq situations d’entrepreneur, cinq trajectoires
  6. 06 Les pièges qui coûtent le plus cher

01 Le capital n’est pas un budget, c’est un curseur de statut

La première chose à désapprendre : le capital social de ta société vietnamienne n’est pas une variable comptable que tu ajusteras plus tard. C’est le critère qui commande le rangement de ton visa dans l’une des quatre tranches ĐT, et la loi le dit en toutes lettres, tranche par tranche. Une seule réserve, détaillée en fin de section : les deux tranches hautes ont une porte d’entrée qui n’est pas un montant.

Deuxième chose à savoir avant de lire les seuils : la loi ne vise pas seulement l’investisseur qui apporte le capital en son nom propre. Elle s’adresse aux investisseurs étrangers au Vietnam et aux représentants d’organisations étrangères qui y investissent — une seconde voie d’accès, pour qui porte l’investissement d’une structure sans en fournir lui-même les fonds. C’est la formule que le texte emploie pour le ĐT1 comme pour le ĐT4.

La tranche haute, ĐT1, vise un apport de 100 milliards de VND ou plus — ou un investissement dans des secteurs ou localités éligibles aux incitations à l’investissement.

Le ĐT2 couvre la tranche de 50 à moins de 100 milliards — ou un investissement dans des secteurs éligibles à la promotion du développement. Ce n’est pas la même porte que celle du ĐT1 : le régime cité n’est pas le même (promotion du développement contre incitations à l’investissement) et le ĐT2 n’a pas de branche « localités ».

Le ĐT3 prend la tranche de 3 à moins de 50 milliards de VND. C’est celle où atterrit la quasi-totalité des créations de société par des Français.

Et le ĐT4, sous 3 milliards de VND.

La réserve annoncée plus haut, donc : la loi ouvre pour ĐT1 et ĐT2 une seconde porte qui n’est pas un montant — le secteur ou la localité d’investissement — et ces deux portes ne sont pas la même. Un projet dans un domaine incité peut relever d’une tranche haute sans atteindre le seuil de capital correspondant. Mais la liste des secteurs et localités concernés relève de décisions du Gouvernement que nous n’avons pas instruites, et elle ne dépend pas de toi : c’est pour ça que, en pratique, le capital reste le seul curseur sur lequel tu agis. Ne construis pas ton plan sur la porte alternative sans l’avoir fait confirmer.

Ce que la tranche décide, et ce qu’elle ne décide pas

Le tableau ci-dessous compare les quatre tranches du point de vue d’un porteur de projet, pas de la loi. Il ne contient aucune ligne de durée : les durées de visa et de carte de résidence sont du droit, elles vivent dans les deux tables du référentiel, et les recopier ici garantirait qu’un jour les deux ne diront plus la même chose.

Critère ĐT4 ĐT3 ĐT2 ĐT1
Capital apporté < 3 Md VND 3 à < 50 Md VND 50 à < 100 Md VND ≥ 100 Md VND
Porte alternative au montant aucune aucune secteurs éligibles à la promotion du développement secteurs ou localités éligibles aux incitations
Carte de résidence aucune, jamais oui oui oui
Parrainer conjoint et enfants mineurs en TT non — absent de l’énumération légale oui oui oui
Profil qui s’y retrouve phase pilote courte entrepreneur, PME, filiale investisseur mid-cap groupe, family office

Ce tableau ne dit pas ce qui te fait perdre ton titre : nous n’avons pas de source sur les causes de retrait ou de refus de renouvellement d’un visa ĐT, et un tableau comparatif est le dernier endroit où l’on devrait deviner. Ce que nous pouvons dire, et rien de plus : le ĐT4 est fréquemment non renouvelé (§06) — observation de terrain, pas règle de droit.

Les durées, elles, se lisent au référentiel — un seul repère à garder en tête ici parce qu’il commande la planification : le visa ĐT3 ne dépasse pas 3 ans.

Les cinq ans qu’on lit parfois pour le ĐT3 sont faux. Cette durée appartient aux tranches supérieures. Nous avons servi cette erreur nous-mêmes jusqu’au 9 août 2026, et elle circule encore largement sur les sites francophones. C’est une raison de plus de ne pas dupliquer les durées : elles n’ont qu’une seule adresse, la table du référentiel.

Les deux conséquences de la sous-capitalisation

Elles tombent ensemble, et c’est ce qui rend le ĐT4 si coûteux à choisir par défaut.

Première conséquence : aucune carte de résidence. L’article 36 de la loi sur l’entrée et le séjour, dans sa rédaction de 2019, énumère un par un les symboles qui ouvrent droit à une carte de résidence temporaire. ĐT1, ĐT2 et ĐT3 y sont ; ĐT4 n’y est pas — quel que soit le temps passé au Vietnam.

Tu restes donc en renouvellement périodique, sans jamais capitaliser sur les années passées sur place. Le ĐT3, lui, y ouvre droit ; la durée exacte de la carte se lit dans la table du référentiel, pas ici.

Seconde conséquence, beaucoup moins connue : pas de TT pour ta famille. La clause qui ouvre le visa TT énumère les symboles porteurs un par un, et le ĐT4 n’y est pas.

Lis bien cette énumération : ĐT1, ĐT2, ĐT3 sont nommés, ĐT4 est omis. Autrement dit, un investisseur de la tranche basse ne peut pas faire venir son conjoint ni ses enfants mineurs en TT. Ce point était présenté comme incertain tant qu’on ne lisait que la rédaction de 2014, qui écrivait « ĐT » sans distinguer les tranches ; sur le texte en vigueur, il est tranché.

Ce que cette citation ferme, c’est la voie TT, et elle seule. Elle ne dit rien des autres titres qu’un membre de ta famille pourrait obtenir pour son propre compte — le certificat d’exemption des viet-kiều, par exemple, si ton conjoint est d’origine vietnamienne. Le guide des titres de séjour longue durée compare ces voies ; ce guide-ci ne traite que ce que ton capital ouvre.

Si tu pars en famille, le seuil de 3 milliards de VND n’est donc pas un optimum financier, c’est un prérequis.

02 Combien mettre, et pourquoi la marge n’est pas un luxe

Le seuil qui compte est un seul : 3 milliards de VND

Toute la décision se joue là. En dessous, tu es en ĐT4, avec les deux conséquences du §01. Au-dessus, tu es en ĐT3 : carte de résidence, TT ouvert pour ton conjoint et tes enfants mineurs, et — si la société est la tienne — la condition d’exemption de permis de travail remplie du même coup (§04). Les tranches supérieures ne changent que la longueur du titre, pas sa nature.

Un chiffre circule beaucoup et il est faux : 10 000 USD ne suffisent pas. C’est probablement le malentendu le plus répandu chez les porteurs de projet francophones.

Nous ne donnons volontairement aucun équivalent en euros des trois seuils. Ceux que nous portions jusqu’au 9 août 2026 cumulaient deux défauts : aucune source ne les datait, et ils n’étaient pas cohérents entre eux — à taux unique, les trois ne peuvent pas être justes en même temps. Une conversion qu’on ne peut ni dater ni recalculer n’est pas un repère : c’est un chiffre qui se recopie de site en site pendant des années. Le seul montant opposable est celui du texte, et il est en dongs — 3, 50 et 100 milliards de VND. Convertis au taux du jour où tu prépares ton dossier : c’est de toute façon celui-là qui comptera.

Capital souscrit et capital libéré ne sont pas la même chose

C’est la nuance qui fait tomber les dossiers au renouvellement, pas au dépôt. Inscrire 3 milliards dans les statuts ne suffit pas : le capital est vérifié aux renouvellements, sur la base des virements bancaires effectivement reçus.

Traduction concrète : le montant que tu annonces, il faut pouvoir le faire arriver, tracé, sur le compte de la société. Un capital gonflé pour franchir le seuil sur le papier est une bombe à retardement calée sur la date de ton premier renouvellement.

La marge : viser le seuil, c’est déjà être en dessous

Se caler pile sur 3 milliards de VND revient à faire dépendre son statut de séjour du taux de change du jour où le dossier est instruit. Notre recommandation éditoriale — ce n’est pas une règle de droit — est de prévoir 20 à 30 % au-dessus du seuil visé, précisément pour absorber les fluctuations.

Cette marge n’a pas besoin d’être consommée. Elle a besoin d’être libérée, ce qui n’est pas la même chose : le capital reste l’actif de ta société, disponible pour son exploitation. Ce que tu achètes avec ces 20 à 30 %, c’est de ne pas rejouer tout le dossier parce que la conversion a bougé de 4 % entre le dépôt et l’instruction.

03 L’ordre : la société d’abord, le visa ensuite

Le réflexe naturel — « je prends un visa d’investisseur, puis je monte ma boîte » — est l’inverse de la mécanique. Le visa ĐT constate un investissement, il ne l’autorise pas. La loi sur l’investissement définit d’ailleurs l’investisseur étranger par son activité, pas par son titre de séjour.

La société peut désormais précéder le certificat d’enregistrement de l’investissement

Le certificat d’enregistrement de l’investissement (IRC) n’a pas disparu : la loi de 2025 le définit toujours.

Ce qui a changé, c’est l’ordre. Tu peux constituer ta société avant de faire délivrer l’IRC, à condition de satisfaire les conditions d’accès au marché de l’article 8. C’est l’inverse du régime précédent, où l’IRC venait d’abord.

⚠️ Ne construis pas ton calendrier là-dessus sans conseil : la loi renvoie le détail de cet article au Gouvernement, et le décret d’application n’a pas été lu à la rédaction de cette page.

Ce que cette loi déplace se situe en aval du visa : c’est le parcours d’enregistrement de l’investissement. Elle ne modifie pas les seuils de capital du §01, qui vivent dans la loi sur les visas.

C’est un sujet de droit des sociétés, pas de droit des visas, et il mérite sa propre page — elle n’est pas écrite.

Un repère de date, en revanche, qui vaut pour tout ce que tu liras ailleurs : la loi est entrée en vigueur le 1ᵉʳ mars 2026.

Une description de parcours d’investissement publiée avant cette date décrit le régime précédent. Elle n’est pas forcément fausse partout, mais elle n’est plus une référence.

Le calendrier à prévoir

Deux ordres de grandeur, tirés de notre fiche et à re-sourcer avant de servir de promesse. ⚠️ Et à lire avec la date en tête : ils ont été relevés le 30 avril 2026 par une passe qui n’avait pas vu la loi 143/2025 — donc sur le parcours d’avant le 1ᵉʳ mars 2026, celui où l’IRC précédait la société. Ce ne sont pas des chiffres « à confirmer », ce sont des chiffres qui mesurent une procédure qui a changé :

  • l’obtention du certificat d’enregistrement de l’investissement et du certificat d’enregistrement d’entreprise prend 3 à 6 semaines ;
  • de la décision de partir au visa effectivement apposé, compte 12 à 16 semaines.

Le second n’est pas le premier plus une marge : entre les deux se placent la constitution du capital, l’ouverture du compte, les traductions et la demande de visa. C’est le chiffre à retenir pour caler un bail commercial ou une date d’embauche — pas le premier.

Côté budget d’accompagnement, notre fiche donne 2 500 à 6 000 € pour un ensemble création de société, visa ĐT et carte de résidence, selon la complexité sectorielle et le nombre de personnes à couvrir.

Ce montant est un prix de marché relevé, pas un tarif officiel, et il ne comprend pas les frais administratifs ni, évidemment, le capital lui-même.

04 Posséder ta société ne te donne pas le droit d’y travailler

C’est le point qui surprend le plus d’entrepreneurs français, et il n’a rien d’un détail : détenir une société vietnamienne et y exercer une fonction sont deux droits distincts. Le visa ĐT porte le premier. Il ne porte pas le second.

Le droit d’exercer passe par un permis de travail, ou par un certificat qui en dispense. Les deux ont leur symbole de visa dans la loi :

  • le LĐ2 est délivré aux étrangers qui travaillent au Vietnam et doivent obtenir un permis de travail — la voie de droit commun ;
  • le LĐ1 est délivré à ceux qui travaillent avec un certificat d’exemption de permis de travail.

Comment ces deux symboles s’articulent avec le ĐT que tu détiens déjà. La loi ne laisse pas ce point en blanc. Ce qu’elle décrit n’est pas l’ajout d’un symbole à un autre, c’est un changement d’objet du visa. Par principe, cet objet ne peut pas être modifié — sauf dans une liste fermée de cas, dont celui du titulaire qui apporte la preuve de sa qualité d’investisseur, et celui du titulaire invité ou parrainé pour travailler par une agence ou une organisation et détenteur d’un permis de travail ou d’un certificat d’exemption.

Et quand l’objet change, la loi dit ce qui est délivré : un nouveau visa, avec le symbole et la durée correspondant au nouvel objet, selon la procédure de l’article 19 de la loi de 2014.

⚠️ Ce que ce texte ne règle pas pour ton cas, et qu’il faut faire établir par un conseil : si un dirigeant parrainé par sa propre société relève bien du cas « invité ou parrainé pour travailler par une agence ou une organisation » ; si obtenir un permis de travail oblige à changer d’objet et donc de symbole, ou si le permis peut coexister avec un ĐT en cours ; et le détail de la procédure de l’article 19, que nous n’avons pas lu. Ne t’engage pas sur un organigramme avant d’avoir tranché ces trois points.

L’ordre, en revanche, compte : le ĐT d’abord, le permis ou l’exemption ensuite. C’est un conseil de méthode que porte notre fiche, pas une règle dont nous connaîtrions le texte.

L’exemption ne tombe pas toute seule

Beaucoup de dirigeants-actionnaires partent du principe qu’ils sont dispensés d’office. Ils ne le sont pas : l’exemption suppose une demande formelle, et elle est accordée, pas constatée.

⚠️ Attention au guichet indiqué par cette source. Notre fiche nomme le « Département du Travail », mais depuis le décret 219/2025 ce sont les Comités populaires provinciaux qui sont compétents pour délivrer les permis de travail et les certificats d’exemption.

Le décret est en vigueur depuis le 7 août 2025.

Une source qui t’envoie encore au ministère du Travail décrit un état antérieur du guichet — sans que cela dise quand il a changé : la compétence provinciale, elle, n’est pas née avec ce décret.

Quelle province, exactement. Relis la phrase du décret : le critère n’est pas le siège de ta société, c’est la localité où le travailleur étranger est appelé à exercer, à condition que l’employeur y ait un siège, une succursale, un bureau de représentation ou un établissement.

Le siège ne redevient le critère que dans un cas, prévu au même article : celui d’un employeur qui opère dans plusieurs provinces.

C’est une exception, et cette page l’a présentée comme la règle jusqu’au 9 août 2026.

Les conditions d’exemption, telles que le décret les écrit

Notre fiche résumait deux cas — « 3 milliards de VND apportés ou siège au conseil d’administration ». Ce « ou » est faux, et il l’est de la façon la plus coûteuse : il laisse croire qu’un siège au conseil suffit sans le capital. Le décret 219/2025, rouvert à la source le 9 août 2026, pose le même seuil de 3 milliards de VND sur les deux branches, et ce sont deux formes de société différentes. Ce sont les deux cas qui visent un dirigeant-actionnaire par son capital. ⚠️ L’article 7 en compte une quinzaine d’autres, que cette page n’a pas instruites — nous n’avons lu que ces deux branches, et rien ici ne dit qu’aucune autre ne peut s’appliquer à toi.

  • SARL — être propriétaire ou associé apporteur de capital d’une société à responsabilité limitée dont le capital apporté vaut 3 milliards de VND ou plus ;
  • société par actions — être président ou membre du conseil d’administration d’une société par actions dont le capital apporté vaut 3 milliards de VND ou plus.

Le décret ferme la porte par l’autre bout. Un dirigeant dont la société est sous le seuil ne remplit ni l’une ni l’autre de ces deux branches, et l’article 2, qui délimite les personnes que le décret régit, le nomme expressément parmi elles.

Ce que ça change pour toi, et c’est le fait le plus utile de cette page. La « coïncidence » entre ce seuil et celui du ĐT3 n’en est pas une du point de vue pratique : ce sont deux régimes distincts — l’un dans la loi sur les visas, l’autre dans un décret sur les travailleurs — mais ils portent le même montant. Conséquence :

  • si tu es en ĐT3 parce que tu as apporté au moins 3 milliards de VND à ta SARL, le capital apporté de cette société atteint forcément le seuil : tu remplis la condition de la première branche. C’est le fait le plus utile de ce §04, et il découle du seul rapprochement des deux textes ;
  • si tu es en ĐT4, ne conclus pas l’inverse trop vite. Le seuil du ĐT4 porte sur ton apport, celui du décret sur le capital apporté de la société. Les deux coïncident si tu es seul ; ils divergent si tu es minoritaire dans une société mieux capitalisée. Nos sources ne tranchent pas ce cas de figure — il est listé en fin de page, dans « Ce que ce guide ne couvre pas ». Ce qui est certain, c’est qu’un dirigeant dont la société est sous le seuil ne remplit ni l’une ni l’autre branche d’exemption de l’article 7, et que le décret le nomme parmi les travailleurs qu’il régit.

L’exemption ne se déduit pas pour autant : remplir la condition n’est pas l’avoir obtenue, elle reste une demande (ci-dessus). La séquence complète du permis de travail est traitée dans le guide du visa de travail.

⚠️ Un amendement de ce décret est en consultation publique (ministère de l’Intérieur, relevé le 10 juin 2026), sans date d’adoption connue. Nous n’écrivons rien sur cette base — mais c’est la raison pour laquelle ce §04 est le plus périssable de la page.

05 Cinq situations d’entrepreneur, cinq trajectoires

Tu es freelance ou consultant, tes clients sont à l’étranger. Disons-le sans détour : il n’y a pas de solution propre et confortable. Notre fiche est catégorique — pas de visa nomade numérique officiel, et trois options seulement, dont aucune n’est pleinement satisfaisante pour un séjour long.

La question à te poser d’abord est la durée : sous un an, monter une société pour porter un visa est disproportionné ; au-delà, le ĐT4 t’enferme dans un cycle de renouvellements courts — sa durée maximale se lit à la table du référentiel — et sans carte de résidence. C’est alors le ĐT3 qui devient la vraie question, donc le capital. Le détail des voies sans employeur est comparé dans le guide des titres de séjour longue durée.

Tu montes une affaire locale : restauration, e-commerce, agence, école. C’est le cas le plus fréquent, avec un budget de projet de l’ordre de 80 à 250 k€ sur trois ans.

Le ĐT3 a été taillé pour ce profil, et l’éligibilité n’est pas ton sujet : ton sujet est de savoir si ton plan d’affaires tient sur la durée du titre. Un point de vigilance propre à ce cas : si tu as des clients vietnamiens, facturer depuis nulle part n’est plus une option. Notre fiche donne deux cadres, pas un — la société locale, qui te met en ĐT3, ou un contrat local, qui te met en LĐ2. Le second suppose un employeur, donc il fait sortir du périmètre de cette page vers le guide du visa de travail ; le premier est celui que traite ce guide.

Tu investis en structurant : family office, groupe, plateforme, usine. Avec un capital de cet ordre, tu es en ĐT2 ou ĐT1 et le visa cesse d’être le problème. Les vraies questions se déplacent vers la structuration entre tes entités et la gouvernance — un terrain que ce guide ne couvre pas.

Tu cumules un poste salarié et une activité en propre. Le cumul d’un et d’un ĐT est légal, mais mal coordonné il se transforme en zone grise au moment du renouvellement.

Concrètement : deux titres, deux échéances, deux structures qui doivent raconter la même histoire. Le sujet se prépare à la création de la seconde structure, pas six semaines avant l’échéance.

Tu es déjà au Vietnam en e-visa ou en visa touristique, et une opportunité s’est présentée. La règle d’abord, parce qu’elle est plus importante que le calendrier : ne signe rien, ne facture rien, ne recrute personne tant que tu es sous un titre touristique. Un visa touristique n’autorise ni à signer ni à facturer, et l’activité exercée sous ce statut est requalifiable en travail illégal.

Sur la marche à suivre, notre fiche décrit deux routes : sortir du pays et revenir avec un ĐT — de 6 à 10 semaines — ou tenter un changement de statut sur place.

⚠️ La conversion sur place n’est pas tranchée, et l’erreur vaut un billet d’avion. Attention à ne pas confondre deux questions. Le changement d’objet du visa est bien décrit par la loi : l’article 7 réécrit en énumère les cas — dont celui de l’investisseur — et prévoit la délivrance d’un nouveau visa au symbole correspondant ; c’est cité au §04 de cette page. Ce que ce texte ne dit pas, c’est si l’opération se fait sans sortir du territoire : il décrit un changement d’objet, pas une procédure territoriale. Notre fiche rattache cette possibilité au décret 219/2025, ce qui reste à vérifier — ce texte porte sur les travailleurs étrangers, pas sur les visas. Ne bâtis pas ton plan dessus sans avoir vérifié auprès du service d’immigration de ta province, et garde le budget d’une sortie en réserve. Point listé en fin de page, dans « Ce que ce guide ne couvre pas ».

Le cas Thomas, agence de design à Da Nang

Parti en ĐT4 pour « commencer petit », bloqué au renouvellement. Coût de l’erreur : 8 mois perdus et 4 000 € de frais.

Sa conclusion, telle qu’il la formule : « Si je pouvais recommencer, je partirais direct sur DT3 avec un capital de 130 000 €, même si je n’en utilise que 60 000 la première année. »

C’est exactement l’arbitrage du §02 : le capital immobilisé n’est pas un capital dépensé, et la différence entre les deux tranches ne se paie pas en euros, elle se paie en mois.

06 Les pièges qui coûtent le plus cher

Choisir le ĐT4 « pour commencer », en pensant monter plus tard. C’est le piège numéro un de ce persona, et il est structurel : les ĐT4 sont fréquemment non renouvelés, et le passage en ĐT3 oblige souvent à tout reprendre depuis le début.

Ajoute à ça l’absence de carte de résidence et l’impossibilité de parrainer conjoint et enfants mineurs en TT (§01) : la tranche la moins chère en capital est la plus chère en temps.

Tester le marché sous visa touristique. Voir §05. Rien ne se passe pendant des mois — jusqu’au jour où quelque chose se passe, et la sanction ne porte pas seulement sur l’activité : elle laisse une trace qui complique toutes les demandes suivantes.

Croire qu’un « digital nomad visa » existe. Il n’existe pas. Le terme circule, la catégorie non, et l’e-visa n’autorise pas à travailler.

Confondre capital inscrit et capital libéré. Voir §02. Le contrôle n’a pas lieu au dépôt, il a lieu au renouvellement, et il regarde les virements.

Se croire dispensé de permis de travail parce qu’on siège au conseil d’administration. Voir §04. L’article 7 du décret pose un seuil de capital sur les deux branches de l’exemption : un siège au conseil d’une société par actions dont le capital apporté est sous 3 milliards de VND ne remplit aucune des deux, et le décret nomme ces dirigeants parmi les travailleurs qu’il régit. Et même au-dessus du seuil, l’exemption se demande : elle ne se déduit pas de l’organigramme.

Oublier que le visa ĐT ne dit rien de ta fiscalité. Un titre d’investisseur ne dispense d’aucune obligation fiscale vietnamienne : au-delà de 183 jours par an sur le territoire, tu deviens résident fiscal, avec les conséquences que ça emporte sur tes revenus mondiaux.

La méthode exacte de calcul de ce compteur, son point de départ et l’articulation avec la convention franco-vietnamienne ne sont pas établis par nos sources : c’est une question à poser à un conseil fiscal avant l’arrivée, pas au premier printemps.

Accepter un « visa MV ». Ce symbole n’existe dans aucun texte. Si un intermédiaire t’en propose un, une seule question : quel symbole officiel comptes-tu réellement obtenir ?

Ce que ce guide ne couvre pas

Par honnêteté, et pour que tu saches où chercher la suite. Ces points seront complétés à la prochaine revue plutôt que devinés :

  • La création de la société elle-même — statuts, société à capital 100 % étranger, coentreprise, véhicule dédié, apports en nature. Ce guide s’arrête à ce que le capital fait à ton visa ;
  • Les secteurs conditionnés ou fermés aux investisseurs étrangers. La loi 143/2025 a rebattu cette liste et aucune de nos sources ne la porte. Une liste antérieure à mars 2026 est à écarter ;
  • La définition des secteurs et localités « éligibles aux incitations » qui ouvrent la porte alternative des ĐT1 et ĐT2 (§01) : la loi renvoie à des décisions du Gouvernement que nous n’avons pas lues ;
  • Les procédures — pièces à fournir, formulaires, redevances officielles, variantes provinciales. Elles dépendent de ta situation et du bureau qui traite ;
  • Le régime fiscal, au-delà de l’existence du seuil de bascule à 183 jours ;
  • La conversion de statut sur place, non tranchée (§05) ;
  • Le cas de l’associé minoritaire au regard de l’exemption de permis (§04) : le seuil de 3 milliards de VND du décret porte sur le capital apporté de la société, celui du ĐT4 sur ton apport. Nous ne savons pas dire ce que devient un minoritaire dans une société mieux capitalisée ;
  • L’articulation entre le visa ĐT que tu détiens et le LĐ1/LĐ2 du droit d’exercer (§04) : aucune de nos sources ne décrit la mécanique ;
  • Les équivalents en euros des seuils de capital : retirés faute de conversion datée et cohérente (§02) ;
  • côté visas, le référentiel déclare ses propres lacunes : durée maximale des visas HN, DL et VR, conditions de l’exemption unilatérale de visa pour les ressortissants français, et symboles SQ et LS.

Où s’arrête cette page, et où commencent les deux autres. Le thème « entrée et séjour » compte trois pages d’intention qui parlent des mêmes symboles sans jamais en dire la même chose. Le partage se fait par question posée :

  • « Combien dois-je mettre au capital, et qu’est-ce que ce montant m’ouvre ? » → c’est ici.
  • « J’ai un employeur vietnamien : quelle est la séquence, qui porte le dossier ? » → le guide du visa de travail.
  • « Je veux rester longtemps sans employeur : quelle voie choisir entre famille, société et exemption ? » → le guide des titres de séjour longue durée, qui compare TT, ĐT3, ĐT4 et le certificat viet-kiều côte à côte.

Et pour tout ce qui est « qu’est-ce que ce symbole, combien de temps dure-t-il » : le référentiel des visas, toujours.

Tu ne sais pas quelle tranche viser

Quelques questions sur ton projet, ton capital disponible, ton secteur et ta situation familiale — et tu repars avec la tranche qui correspond à ton cas, ce qu’elle implique, et ce qu’il faut préparer en premier.

Trouver ma tranche ĐT →

Sources

  1. Loi 51/2019/QH14 — seuils de capital ĐT1ĐT4, durée du visa ĐT3, clause TT, éligibilité à la carte de résidence (art. 36)
  2. Loi 143/2025/QH15 sur l’investissement — entrée en vigueur, investisseur étranger, certificat d’enregistrement de l’investissement
  3. Décret 219/2025/NĐ-CP — travailleurs étrangers au Vietnam : autorité compétente et cas d’exemption de permis
  4. Loi 47/2014/QH13 — entrée, sortie, transit et séjour des étrangers au Vietnam (texte de base : tout ce qu’il porte est cité ici à travers la loi 51/2019)
  5. Loi 23/2023/QH15 — dernier amendement de la loi 47/2014 (déclarée pour la chaîne d’instruments ; aucun fait de cette page n’en dépend directement)

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