Entrée & séjour

S'installer durablement au Vietnam sans contrat local : famille, investisseur ou exemption

Publié le · Par Dinhh · Vérifié le

La bonne question n’est pas « quel visa je veux » mais « qui peut me parrainer ». Tout le reste en découle : la durée de votre séjour, votre droit de travailler, et votre accès à une carte de résidence. Ce guide prend le problème dans cet ordre-là.

Il ne réexplique pas les symboles de visa un par un — c’est le rôle du référentiel des visas, qui porte le droit et que nous mettons à jour à chaque texte nouveau. Ici, on répond à autre chose : laquelle des portes vous est réellement ouverte quand personne ne vous embauche, et ce qui fait perdre six semaines à ceux qui choisissent mal.

Vous avez déjà un employeur vietnamien, ou une promesse d’embauche ? Alors votre porte est le visa , et elle suit une séquence entièrement différente — c’est le sponsor qui pilote. Cette page ne la traite pas : allez directement au guide du visa de travail.

  • Fond vérifié au 30 avril 2026 · page écrite le 9 août 2026
  • Écrit pour l’expatrié qui n’a pas (ou pas encore) de contrat de travail vietnamien

Sommaire

  1. 01 Commencez par identifier votre parrain
  2. 02 Ce que vous visez vraiment : la carte de résidence
  3. 03 Les solutions sans employeur, comparées
  4. 04 L’ordre des démarches
  5. 05 Six situations, six réponses
  6. 06 Les pièges qui coûtent des semaines

01 Commencez par identifier votre parrain

La plupart des gens abordent le sujet à l’envers. Ils lisent une liste de visas, en choisissent un qui leur plaît, puis cherchent comment l’obtenir. Ça ne marche pas, parce que le symbole de votre visa n’est pas un choix : il découle de l’organisme qui vous parraine au Vietnam. C’est le point de départ du référentiel, et c’est la première chose à intégrer.

Concrètement, pour un francophone qui veut s’installer sans être embauché sur place, trois portes couvrent la quasi-totalité des cas. Ce ne sont pas les seules que la loi connaisse — l’index des symboles en porte une vingtaine, dont le DH (études et stage) et les DN1/DN2 (affaires) — mais ce sont celles qui s’ouvrent sans employeur. Une quatrième hypothèse est à écarter avant toutes les autres, parce que si elle vous concerne, tout le reste change.

Un employeur vietnamien vous embauche. Vous relevez alors de la famille LĐ1 ou LĐ2 selon que vous êtes dispensé de permis de travail ou non, la distinction est au référentiel. C’est le sponsor qui pilote, la séquence est longue et elle a sa propre page : le guide du visa de travail. Le reste de ce guide s’adresse à ceux dont la réponse est non.

Vous créez votre propre société et vous vous parrainez vous-même. Vous relevez de la famille ĐT, et votre tranche dépend uniquement du capital apporté. Deux tranches concernent réellement un projet individuel : le ĐT3, de 3 à moins de 50 milliards de VND,

et le ĐT4, en dessous de 3 milliards de VND.

L’écart entre les deux est le plus coûteux à mal évaluer de toute la nomenclature — on y revient au §02. Si c’est cette porte-là qui vous concerne, le guide du visa investisseur prend le sujet par le montant : ce que chaque tranche engage, dans quel ordre enchaîner la société et le visa, et les pièges qui coûtent des mois.

Un proche déjà installé vous parraine. C’est le TT, et la rédaction en vigueur — celle de la loi 51/2019, applicable depuis le 1ᵉʳ juillet 2020 — distingue deux rattachements qui n’ont pas les mêmes bénéficiaires :

  • votre porteur est un étranger : seuls le conjoint et les enfants de moins de 18 ans sont éligibles, pour un titulaire de LV1, LV2, LS, ĐT1, ĐT2, ĐT3, NN1, NN2, DH, PV1, LĐ1 ou LĐ2 ;
  • votre porteur est un citoyen vietnamien : les parents, le conjoint et les enfants sont éligibles, sans limite d’âge.

Trois conséquences, et aucune n’est cosmétique.

Vos parents ne peuvent plus vous rejoindre en TT si vous êtes étranger. Ils le pouvaient sous la rédaction de 2014 ; la loi 51/2019 les a retirés. Ils ne restent bénéficiaires que du côté d’un citoyen vietnamien. Une source qui écrit « parents, conjoint, enfants » sans faire cette distinction cite un texte abrogé depuis le 1ᵉʳ juillet 2020 — c’était le cas de cette page avant le 2026-08-09.

ĐT4 ne figure pas dans l’énumération. Elle nomme ĐT1, ĐT2 et ĐT3 une par une. La tranche la plus basse ne permet donc pas de faire venir sa famille — deuxième conséquence de la sous-capitalisation, après l’absence de carte de résidence. Voir le §03.

TT ne s’y trouve pas non plus, ni DL (tourisme), ni EV (e-visa) : l’énumération ne retient que les douze symboles cités. Nous nous en tenons là. Ce qu’on en déduit couramment — qu’un titulaire de TT ne pourrait donc parrainer personne à son tour — est une lecture par le silence du texte, pas une règle que nos sources énoncent. Si votre situation en dépend, faites-la vérifier plutôt que de la déduire.

Vous êtes d’origine vietnamienne, ou conjoint d’une personne d’origine vietnamienne ou d’un citoyen vietnamien. Alors vous n’avez peut-être besoin d’aucun visa : le certificat d’exemptiongiấy miễn thị thực — n’est pas un visa mais un document distinct, valable cinq ans, ou jusqu’à six mois avant l’expiration de votre passeport si celle-ci arrive plus tôt. Le référentiel en porte la base légale. Pour un couple franco-vietnamien, c’est presque toujours la piste à examiner en premier : elle ne dépend ni d’un employeur, ni d’un capital.

Si votre proche est un citoyen vietnamien, vous avez DEUX portes, pas une

La même clause qui organise le TT ouvre une seconde branche, distincte de celle des porteurs étrangers : les parents, le conjoint et les enfants d’un citoyen vietnamien y sont nommés, sans limite d’âge et sans que le proche ait à détenir l’un des douze symboles listés.

Le certificat d’exemption et le TT ne s’excluent donc pas : le premier dispense de visa, le second est un visa. Lequel sert le mieux votre situation dépend de ce que vous comptez faire sur place et de la durée visée — et cette page ne tranche pas à votre place. Ce qu’elle corrige, c’est l’aiguillage précédent, qui n’ouvrait que le certificat et laissait croire qu’il n’y avait rien d’autre.

Ce certificat ne dit rien de votre droit de travailler

Deux documents portent le mot « exemption » et ils n’ont rien à voir. Le certificat d’exemption de visa des viet-kiều règle votre séjour. Le certificat d’exemption de permis de travail, lui, conditionne le LĐ1 et relève d’un autre texte. Détenir le premier ne vous donne aucun droit d’exercer une activité au Vietnam — c’est l’erreur la plus coûteuse sur cette voie, parce qu’un document valable cinq ans, obtenu sans employeur, a tout l’air d’un permis de séjourner et de travailler. Si une activité locale est au programme, lisez le guide du visa de travail.

ĐT et s’écrivent avec un Đ barré, souvent transcrit DT et LD sur les sites francophones : c’est la même lettre, et le référentiel l’explique.

02 Ce que vous visez vraiment : la carte de résidence

Voici la distinction qui change tout dans un plan d’installation, et que la plupart des candidats découvrent trop tard : le visa et la carte de résidence sont deux titres différents, avec deux durées différentes.

Le visa vous autorise à entrer et à séjourner. La carte de résidence temporaire (TRC, thẻ tạm trú) vous dispense de visa pendant toute sa validité. C’est elle qui transforme un séjour prolongé en installation : plus de renouvellement à l’échéance du visa, plus de dépendance à un nouveau tampon d’entrée. Les deux tables de durées maximales sont dans le référentiel.

La conséquence pratique : on ne choisit pas une porte d’entrée sur la durée du visa, on la choisit sur l’accès à la carte. Et c’est exactement là que le ĐT4 piège les gens.

Le ĐT4 ne donne jamais de carte de résidence

Un ĐT4 ne vous donnera jamais de carte de résidence, quel que soit le temps passé au Vietnam.

Son visa est l’un des plus courts de la nomenclature et il est renouvelable — c’est le mot du référentiel, et nous n’en dirons pas plus : aucune de nos sources ne promet un droit au renouvellement perpétuel. Vous restez donc en renouvellement périodique, sans jamais capitaliser sur les années passées sur place. Le ĐT3, lui, ouvre droit à une carte. Entre les deux, il n’y a qu’une différence de capital souscrit — mais elle décide de votre régime de séjour pour toutes les années à venir. Durées et détail : #dt3 et #dt4.

Deuxième correction utile, parce que l’inverse traîne partout sur les forums francophones : le TT ouvre bien droit à une carte de résidence propre, jusqu’à trois ans.

Le conjoint n’est pas cantonné à la carte de son porteur. C’est une nuance qui pèse : sur ce seul critère, un TT fait jeu égal avec un ĐT3 — alors que son visa, lui, est bien plus court. Les deux durées sont à comparer sur les tables du référentiel, pas ici.

Enfin, le prérequis matériel que personne ne vérifie assez tôt : votre passeport doit conserver au moins treize mois de validité pour que la carte soit délivrée. En dessous, vous n’obtenez qu’un visa. Et la carte délivrée est toujours au moins trente jours plus courte que la validité restante du passeport. Voir l’encart correspondant dans le référentiel, qui est la page où cette règle est tenue à jour — nous ne la répétons pas ailleurs. Réserve à connaître : c’est une règle de pratique administrative, que ni la fiche ni le référentiel n’ont pu rattacher à un article précis. Traduction opérationnelle malgré tout : si votre passeport a moins de deux ans devant lui, renouvelez-le avant de déposer quoi que ce soit. C’est l’étape zéro du §04.

03 Les solutions sans employeur, comparées

Le tableau ci-dessous compare les voies ouvertes à qui n’a pas d’employeur vietnamien, du point de vue d’un expatrié et non de la loi. Il ne contient aucune ligne de durée : les tables de durées sont du droit, elles vivent au référentiel, et les recopier ici garantirait qu’un jour les deux ne diront plus la même chose. Ce que ce tableau apporte, ce sont les conséquences pratiques qui décident réellement d’une installation — et les cellules non établies sont marquées comme telles plutôt que devinées.

Critère TT (famille) ĐT3 (société, capital de 3 à moins de 50 Md VND) ĐT4 (société, capital < 3 Md VND) Certificat d’exemption (viet-kiều)
Nature du titre visa visa visa ce n’est pas un visa — document distinct, sans symbole
Droit de travailler au Vietnam Non Oui, dans votre société ⚠️ non établi (voir remarque) ⚠️ non établi — le certificat dispense de visa, il ne dit rien du permis de travail
De qui vous dépendez Du porteur. Porteur étranger : conjoint et enfants de moins de 18 ans seulement. Proche vietnamien : parents, conjoint, enfants, sans limite d’âge (§01) De vous-même De vous-même De votre lien familial vietnamien — il ne s’éteint pas
Peut parrainer conjoint et enfants en TT Non Oui Non — la loi nomme ĐT1, ĐT2, ĐT3 et omet ĐT4 (§01) Sans objet — c’est le proche vietnamien qui ouvre le TT, pas le certificat (§01)
Ce qui vous fait tomber Le porteur perd son titre La société est radiée La société est radiée L’expiration du passeport

Pourquoi le certificat figure dans ce tableau alors que ce n’est pas un visa. Parce qu’il répond à la même question que les trois autres colonnes — « comment rester longtemps, légalement, sans employeur » — et que pour un couple franco-vietnamien c’est presque toujours la réponse la moins chère. L’écarter parce qu’il n’a pas de symbole reviendrait à classer par vocabulaire administratif plutôt que par situation. Il a en revanche une ligne « nature du titre » à lui, parce que la confusion coûte cher : un certificat n’est pas un visa et n’ouvre pas les mêmes droits.

Durée du visa, durée de la carte de résidence : les deux tables sont dans le référentiel, et c’est là qu’elles sont reprises quand un texte bouge. Nous ne les recopions pas ici — un tableau désynchronisé est pire qu’un tableau absent. Le seul écart qui décide d’une installation, lui, est expliqué au §02 : le ĐT4 n’ouvre aucune carte de résidence, le TT et le ĐT3 en ouvrent une.

Vous avez un contrat local signé ? Votre porte est le LĐ2 et elle ne figure pas dans ce tableau : c’est l’employeur qui pilote, la séquence est différente, et elle est traitée dans le guide du visa de travail.

Recommandé si… Vous, ou votre conjoint, êtes d’origine vietnamienne, ou vous êtes conjoint d’un citoyen vietnamien → le certificat d’exemption d’abord, avant tout examen de visa : il ne dépend ni d’un employeur, ni d’un capital, ni d’un porteur qui peut perdre son titre. Mais examinez aussi le TT : la clause en ouvre une branche propre à la famille d’un citoyen vietnamien (§01). Les deux coexistent, et écarter le TT d’office sur ce segment serait le même raccourci que celui corrigé plus haut. Votre conjoint est déjà titulaire d’un ou d’un ĐT et vous n’avez pas besoin de travailler localement → TT. Vous voulez un statut qui ne dépende de personne et vous pouvez immobiliser 3 milliards de VND de capital → ĐT3, la première tranche autonome qui donne accès à une carte de résidence. Vous montez une petite structure sans atteindre le seuil → ĐT4, en sachant que vous achetez un renouvellement annuel à répéter, pas une installation.

Et si vous comptez travailler au Vietnam, quelle que soit la colonne retenue : aucune d’elles ne vous en donne le droit d’office. Le TT ne l’ouvre pas, le certificat ne le dit pas, et seule la société d’un ĐT3 vous emploie. Le sujet est traité en entier dans le guide du visa de travail.

Remarques sur ce tableau

ĐT3 est la première tranche autonome à ouvrir la carte, pas la seule. Au-dessus, ĐT2 (50 à 100 Md VND) et ĐT1 (≥ 100 Md VND) donnent des cartes plus longues — 5 et 10 ans. Ils sortent du périmètre de cette page parce que les seuils de capital les mettent hors de portée d’une installation individuelle, pas parce qu’ils n’existent pas.

Le parrainage ĐT4 est tranché depuis le 2026-08-09, et la réponse est non. La rédaction en vigueur (loi 51/2019, citée au §01) énumère ĐT1, ĐT2 et ĐT3 une par une et n’inclut pas ĐT4. Ce point était marqué « non établi » tant que nous n’avions sous les yeux que le libellé de 2014, qui écrivait « ĐT » sans distinguer les tranches — l’inférence littérale aurait conclu l’inverse. C’est le meilleur exemple du dossier : sur un texte réécrit, la lecture littérale de l’ancienne rédaction donne une réponse fausse avec l’apparence de la rigueur.

Le droit de travailler dans sa propre société sous ĐT4, lui, reste non établi. La clause TT ne dit rien de l’activité du titulaire, et aucune autre source du dossier ne la traite. Un titre qui n’ouvre aucune carte de résidence est précisément celui où l’inférence a le plus de chances d’être fausse : nous ne l’affirmons pas.

Les cinq ans qu’on lit parfois pour le ĐT3 sont faux. Cette durée appartient aux tranches de capital supérieures. Nous avons servi cette erreur nous-mêmes jusqu’au 9 août 2026 ; c’est le référentiel qui porte la valeur juste, et c’est une raison de plus de ne pas dupliquer les durées ici.

Il n’y a pas de colonne « MV ». C’est volontaire : ce symbole n’existe dans aucun texte. Voir §06.

04 L’ordre des démarches

L’erreur la plus commune n’est pas de choisir le mauvais visa. C’est de faire les bonnes choses dans le mauvais ordre — typiquement, arriver au Vietnam avant d’avoir fait authentifier ses papiers en France, et découvrir une fois sur place qu’une étape doit être reprise depuis l’Europe.

Étape 0 — Le passeport. Avant tout le reste : vérifiez sa validité résiduelle contre la règle rappelée au §02. Trop court, vous n’obtiendrez qu’un visa, pas de carte de résidence — et un renouvellement de passeport pris en cours de procédure fait tout recommencer.

Étape 1 — Verrouiller le parrain. Rien ne démarre sans lui : ni le contrat de travail signé, ni l’immatriculation de la société, ni la preuve du lien familial. Tant que le parrain n’est pas acquis, vous n’avez pas de dossier, vous avez une intention.

Étape 2 — Les papiers français, pendant que vous êtes encore en France. Acte de mariage, acte de naissance, casier judiciaire, diplômes selon la voie choisie : chaque pièce doit être authentifiée par l’autorité française compétente, puis traduite par un traducteur agréé, dans cet ordre. C’est la seule étape qui se fait mieux depuis la France, et c’est celle qui bloque le plus de dossiers — comptez plusieurs semaines de perdues si vous vous en apercevez une fois sur place. Faites-la en parallèle de l’étape 1, pas après.

⚠️ Apostille ou légalisation consulaire : à confirmer avant de lancer la démarche. Ce ne sont pas deux mots pour la même chose — guichets, circuit, délai et coût diffèrent. L’apostille est le régime simplifié réservé aux États parties à la convention de La Haye ; la légalisation consulaire est le régime de droit commun. Aucune de nos sources n’établit lequel s’applique aux pièces françaises destinées au Vietnam, et nous ne trancherons pas à votre place : demandez au consulat du Vietnam avant d’engager les frais.

Étape 3 — Le visa d’entrée, depuis l’étranger. Entrez au Vietnam avec le bon symbole plutôt qu’avec un visa touristique que vous transformerez ensuite : c’est le plan le plus sûr, et le seul qui ne dépende pas d’une pratique administrative susceptible de changer.

⚠️ La conversion sur place : point non tranché, et il vaut un billet d’avion. Nos sources divergent sur la possibilité de passer d’un e-visa ou d’un DL à un titre long sans sortir du territoire. Aucune ne porte de verbatim sur ce point précis. Si votre plan repose sur une régularisation une fois arrivé, ne l’engagez pas sans avoir vérifié auprès du service d’immigration de votre province — et prévoyez le budget d’une sortie au cas où.

Étape 4 — Le permis de travail : seulement si un employeur entre en jeu. Il ne concerne aucune des solutions de cette page — ni TT, ni ĐT3, ni ĐT4, ni le certificat d’exemption. Si votre trajectoire bascule vers un contrat local, c’est un titre distinct du visa, régi par un autre texte, et toute la séquence est traitée dans le guide du visa de travail.

Étape 5 — La carte de résidence, une fois entré. Elle se demande après l’entrée sur le territoire, sur la base du visa obtenu. Ensuite, le renouvellement se fait sur place, sans sortir du pays, tant que les conditions du titre porteur tiennent : contrat à jour, société toujours immatriculée, lien familial toujours valable. Lancez la démarche un à deux mois avant l’échéance. La sortie du territoire ne redevient obligatoire que si le visa de base a expiré et qu’il faut en redemander un.

Étape 6 — La famille, un dossier par personne. Chaque enfant mineur a son propre TT, avec son propre dossier. Rien n’est couvert automatiquement par le dossier du conjoint. C’est l’oubli classique des familles de trois ou quatre : on prépare deux dossiers, on en déposait quatre.

Sur l’enchaînement global : la voie TT est la plus courte, parce qu’elle ne fait que s’adosser à un dossier déjà accepté. Le ĐT3 est plus long, et le temps de création de la société s’y ajoute — un délai qui n’a rien à voir avec l’immigration et que beaucoup oublient de compter.

05 Six situations, six réponses

Vous suivez votre conjoint muté au Vietnam. C’est le cas le plus fréquent, et le plus simple : TT adossé au ou au ĐT du conjoint, avec une carte de résidence propre (§02). La seule limite, mais elle est ferme : le TT ne vous autorise pas à travailler au Vietnam. Si une activité locale se dessine à moyen terme, anticipez la bascule vers un ĐT plutôt que de la découvrir après coup.

Vous êtes retraité et vous voulez passer une partie de l’année au Vietnam. Il n’existe pas de visa retraite au Vietnam à ce jour, contrairement à la Thaïlande ou aux Philippines. Ce n’est pas une lacune de ce guide : parcourez l’index complet des symboles, aucun ne correspond à cette situation. C’est en revanche un point que nous surveillons — la création d’un visa retraite est en discussion politique depuis 2025, sans texte à ce jour ; si elle aboutit, cette page changera. Deux pistes réelles en attendant : le certificat d’exemption si vous avez un lien familial vietnamien (#vietkieu), ou un séjour d’affaires en DN1/DN2 — dont la mécanique est décrite au référentiel, et qui suppose un sponsor professionnel.

Vous êtes freelance, vos clients sont à l’étranger. Disons-le franchement : le « digital nomad visa » n’existe pas au Vietnam, et ni le visa touristique ni l’e-visa n’autorisent à travailler. Le DL est délivré aux touristes, point.

Reste la question du travail à distance pour des clients étrangers, payé à l’étranger : c’est une zone grise. L’interdiction vise l’activité exercée au Vietnam ; l’application se concentre en pratique sur le travail au profit de clients locaux. La tolérance est réelle, elle n’est pas formelle, et nous ne la présenterons pas comme un régime.

Si vous voulez de la sécurité juridique, la voie propre passe par une société — donc par la famille ĐT. Attention au réflexe du ĐT4 : la tranche est la moins chère en capital, mais elle n’ouvre aucune carte de résidence, et le fait qu’elle vous autorise à travailler dans votre propre société n’est pas établi sur nos sources (§03). Si votre objectif est de vous installer, c’est le ĐT3 qu’il faut viser, et donc le capital qui va avec.

Vous voulez faire venir un parent âgé. C’est le cas que nous ne pouvons pas trancher aujourd’hui, et mieux vaut le savoir avant de faire traduire des actes d’état civil. La rédaction du TT que porte le référentiel — celle de la loi 47/2014 — cite bien les parents du titulaire. Mais c’est un libellé antérieur à la réforme du 1ᵉʳ juillet 2020 (§01) et nous n’avons pas la version consolidée : nous ne vous dirons donc pas que la porte est ouverte, ni qu’elle est fermée. Faites confirmer le point par le service d’immigration de la province de résidence, ou par un conseiller, avant d’engager le moindre frais.

Vous vivez en couple sans être mariés. C’est la vraie limite du TT : le texte vise les conjoints, et le statut de concubin n’est pas reconnu par le droit vietnamien. Deux issues seulement. Vous marier avant de déposer. Ou tenter avec un PACS — l’acceptation existe, mais elle reste à l’appréciation du bureau qui traite. Et une fausse piste, à écarter tout de suite : le certificat d’exemption ne règle rien ici, puisqu’il ne couvre les compagnons de route qu’en qualité de conjoints — sauf si l’un de vous est lui-même d’origine vietnamienne, auquel cas il y a droit de son propre chef, sans que cela ouvre quoi que ce soit à l’autre.

Vous êtes déjà sur place depuis des mois, en enchaînant les sorties de territoire. C’est la situation à traiter en premier, avant même de choisir une voie : une prolongation refusée est un signal, pas un accident. La suite dépend du point que nous ne tranchons pas au §04, étape 3 — selon que la conversion sur place est praticable ou non, vous montez le dossier depuis le Vietnam ou depuis l’extérieur. Faites vérifier ce point avant de réserver quoi que ce soit. Ce qui est sûr en revanche : rerentrer une fois de plus en touriste n’est pas une solution. Un refus d’entrée ou un dépassement de séjour laisse une trace qui complique les demandes suivantes.

Le point commun de ces six cas

Dans cinq d’entre eux, la réponse dépend d’une personne ou d’une structure tierce : un conjoint, un employeur, une société, un lien familial vietnamien. Le seul levier que vous détenez seul, c’est le capital — et c’est précisément ce qui rend la famille ĐT attirante malgré son coût. Choisir sa porte, c’est choisir sa dépendance.

06 Les pièges qui coûtent des semaines

Travailler sous un titre qui ne l’autorise pas. Le TT, le DL et l’e-visa ne donnent aucun droit d’exercer une activité au Vietnam — et le certificat d’exemption de visa des viet-kiều n’en donne pas davantage, malgré son nom et ses cinq ans de validité (§01). Facturer un client local sous TT est une infraction, pas une zone grise. C’est le piège le plus fréquent et le plus mal évalué, parce que rien ne se passe — jusqu’au renouvellement.

Bâtir son plan sur une régularisation une fois arrivé. Le raisonnement « j’entre en touriste, je trouve un employeur, je convertis sur place » repose sur un point que nous ne pouvons pas trancher (§04, étape 3) : nos sources divergent sur la nécessité de sortir du territoire, et aucune ne porte de verbatim. Un plan qui suppose cette conversion est donc un plan qui suppose une réponse inconnue — vérifiez-la auprès du service d’immigration de votre province, et gardez le budget d’une sortie en réserve.

Une société ĐT4 sans activité réelle. Une structure créée uniquement pour porter un visa attire l’attention au renouvellement. Une activité modeste mais réelle, avec des factures et une comptabilité, fait la différence entre un renouvellement de routine et un dossier examiné en détail.

Oublier que chaque enfant a son dossier. Voir §04, étape 6. Ce n’est pas un détail administratif, c’est un dossier complet par personne, avec ses pièces authentifiées.

Faire traduire d’abord, authentifier ensuite. Une traduction faite au Vietnam sur un document français qui n’a pas été authentifié en France ne vaut rien : l’ordre est authentification puis traduction agréée, et l’inverse fait recommencer. Quel circuit d’authentification s’applique — apostille ou légalisation consulaire — est le point à faire confirmer par le consulat avant de payer quoi que ce soit (§04, étape 2).

Sous-estimer votre dépendance au porteur. C’est le critère que personne ne pèse à sa juste valeur au moment de choisir. Un TT tombe si le conjoint perd son titre. Un LĐ2 tombe avec le contrat. Un ĐT tombe si la société est radiée. Posez-vous la question à l’envers : si mon parrain disparaît demain, qu’est-ce qu’il me reste ? Si la réponse est « rien », c’est le moment de regarder une voie autonome, pas le jour où ça arrive.

Accepter un « visa MV ». Ce symbole n’existe dans aucun texte vietnamien. C’est un raccourci commercial d’intermédiaire, qui recouvre en réalité soit un DN1/DN2, soit le certificat d’exemption de cinq ans. Si on vous en propose un, une seule question à poser : quel symbole officiel comptez-vous obtenir, exactement ? Une réponse floue vous dit tout ce que vous avez besoin de savoir sur l’intermédiaire.

Ce que ce guide ne couvre pas

Par honnêteté, et pour que vous sachiez où chercher la suite :

  • Les procédures détaillées — liste des pièces, formulaires, coûts, délais. Elles dépendent de votre situation et du bureau qui traite. Elles méritent leur propre page et ne sont pas encore écrites. (Le décret 219/2025 a bien transféré une compétence aux Comités populaires provinciaux, mais c’est celle du permis de travail — pas des visas ni des cartes de résidence : voir la table des changements.)
  • La mécanique complète des symboles — durées, tranches de capital, symboles rares. Tout est dans le référentiel des visas, qui est la seule page du site à porter cette matière.
  • L’exemption unilatérale de visa pour les ressortissants français — ses conditions et sa durée exacte n’ont pas été établies sur une source officielle à ce jour. Nous préférons ne rien affirmer.
  • La fiscalité — être résident au sens de l’immigration et résident au sens fiscal sont deux choses différentes, et le second sujet obéit à d’autres textes.
  • Le permis de travail en détail — conditions d’expert, exemptions, renouvellement. Le décret 219/2025 a rebattu les cartes en août 2025 et fait l’objet d’un suivi séparé.

FAQ — Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un visa et une carte de résidence ? Le visa autorise l’entrée et le séjour pour une durée limitée. La carte de résidence temporaire (TRC) vous dispense de visa pendant toute sa validité. Tous les visas longue durée n’y donnent pas droit : le ĐT4 en est exclu, quel que soit le temps passé au Vietnam. Les deux tables de durées sont dans le référentiel.

Le TT donne-t-il droit à une carte de résidence ? Oui, et c’est une carte propre : le titulaire d’un TT n’est pas cantonné à celle de son conjoint. C’est l’inverse de ce qu’on lit souvent, y compris de ce que nous écrivions nous-mêmes avant le 9 août 2026. Pour la durée maximale, voir le §02 et la table du référentiel.

Je suis sous TT, mon conjoint a un . Puis-je passer en ĐT si je crée ma société ? Oui, et c’est un parcours fréquent. Vous montez votre structure, vous obtenez un ĐT3 ou un ĐT4 selon le capital, et votre TT cesse d’être utile. En pratique, beaucoup conservent le TT pendant la transition et le laissent expirer ensuite, en calant la bascule sur une échéance de renouvellement.

Faut-il sortir du Vietnam pour renouveler sa carte de résidence ? Non, pas si les conditions du titre porteur sont toujours réunies : contrat à jour, société immatriculée, lien familial valable. Le renouvellement se fait sur place, à engager un à deux mois avant l’échéance. La sortie ne devient obligatoire que si le visa de base a expiré et qu’il faut en redemander un.

Ma compagne est française, nous ne sommes pas mariés. Peut-elle obtenir un TT ? Pas directement : le texte vise les conjoints, et le concubinage n’est pas reconnu en droit vietnamien. Les deux issues réelles — et la fausse piste à écarter — sont au §05.

Existe-t-il un visa retraite au Vietnam ? Pas à ce jour. Aucun des symboles de la loi ne correspond à ce statut — vous pouvez le vérifier sur l’index complet. La création d’un tel visa est en discussion politique depuis 2025 : nous surveillons le point, mais aucun texte n’existe. Les pistes réelles pour un retraité restent le certificat d’exemption en cas de lien familial vietnamien, ou un séjour d’affaires avec sponsor.

Puis-je travailler en remote pour un client français depuis le Vietnam ? Zone grise, et nous ne la présenterons pas autrement. Aucun titre de séjour touristique ou familial n’autorise l’exercice d’une activité au Vietnam. La tolérance observée pour un travail facturé à l’étranger et payé à l’étranger est réelle mais n’a rien de formel. La voie propre passe par la création d’une société, donc par la famille ĐT — en visant le ĐT3 si vous voulez une carte de résidence, le ĐT4 n’en donnant aucune (§03).

Combien de temps mon passeport doit-il être valide ? Assez pour que la carte de résidence soit délivrable : la règle, ses deux seuils et la réserve qui les accompagne sont au §02 et dans l’encart du référentiel. En pratique, si votre passeport a moins de deux ans devant lui, renouvelez-le avant de déposer.

Vous ne savez pas quelle porte est la vôtre

Quelques questions sur votre situation — conjoint, contrat, capital, lien familial — et vous repartez avec la voie qui correspond à votre cas, et l’ordre des démarches.

Faire le point sur ma situation →

Sources

  1. Loi 47/2014/QH13 — entrée, sortie, transit et séjour des étrangers au Vietnam
  2. Loi 51/2019/QH14 — modification de la loi 47/2014 : symboles ĐT1-ĐT4, LĐ1/LĐ2 et durées de visa
  3. Loi 23/2023/QH15 — e-visa 90 jours et entrées multiples
  4. Décret 219/2025/NĐ-CP — travailleurs étrangers au Vietnam
  5. Baker McKenzie — New Work Permit Rules for Foreign Employees (07/08/2025)
  6. Vietnam Briefing (Dezan Shira) — durées de carte de résidence par symbole

Guides associés