Permis de travail : ce que le décret 219/2025 a changé
État observé au . Un article n’est pas mis à jour : il est daté.
Le 7 août 2025, le permis de travail vietnamien a changé de texte fondateur. Le décret 219/2025/NĐ-CP est entré en vigueur ce jour-là — et il n’est pas venu compléter le régime précédent, il l’a remplacé.
Un an plus tard, beaucoup de pages francophones qui expliquent « comment obtenir un permis de travail au Vietnam » décrivent encore l’ancien circuit. Rien ne les trahit au premier coup d’œil.
Cet article raconte ce qui a bougé, et quand. Il ne tient pas l’état courant du droit : pour ça, va au référentiel visas, qui se corrige indéfiniment, alors qu’un article se date une fois pour toutes.
Un texte qui en remplace deux
Le décret 219/2025 n’a pas ajouté une couche au-dessus des textes existants. Il a mis fin à deux décrets d’un coup : le 152/2020 et le 70/2023.
Un mot sur notre preuve, parce qu’elle est partielle. L’extrait du texte que nous détenons commence au milieu de la phrase d’abrogation : le verbe y est au pluriel — la phrase porte donc sur plusieurs décrets — mais notre extrait n’en nomme qu’un, le 70/2023. Que le 152/2020 tombe avec lui, nous le tenons de notre propre fiche, pas d’un extrait du texte.
Ça a l’air d’un détail de forme. Ça ne l’est pas : quand un décret est abrogé plutôt qu’amendé, une source qui le cite ne devient pas approximative, elle devient fausse. Il n’y a plus de fond commun entre ce qu’elle décrit et ce qui s’applique.
Changement n°1 — ce n’est plus le même guichet
C’est le changement le plus concret, et celui qu’un candidat au permis touche du doigt dès la première démarche : l’autorité compétente n’est plus la même.
Depuis le 7 août 2025, ce sont les comités populaires provinciaux qui délivrent, redélivrent, prolongent et retirent les permis de travail — ainsi que les certificats d’exemption. La compétence se rattache au lieu où se trouve le siège, la succursale, le bureau de représentation ou l’établissement de l’employeur, c’est-à-dire là où tu es censé travailler.
Autrement dit : du ministère du Travail, puis de ses départements provinciaux, on est passé aux comités populaires provinciaux. Pour toi, la conséquence pratique est double. Le dossier se joue au niveau de la province où l’employeur est établi. Et une page qui t’envoie encore vers le ministère du Travail ou vers un « DOLISA » ne désigne plus l’autorité compétente.
Changement n°2 — le statut d’expert s’atteint un an plus tôt
Le second changement touche la définition de l’expert, c’est-à-dire la catégorie sous laquelle passe la majorité des cadres recrutés localement. L’exigence d’expérience est descendue d’un cran.
Le texte pose deux voies alternatives : un diplôme universitaire (ou une qualification équivalente) avec au moins 2 ans d’expérience pertinente pour le poste ; ou un diplôme universitaire dans la spécialité exercée avec au moins 1 an d’expérience, pour les experts travaillant dans certains domaines.
⚠️ Notre extrait de ce passage s’arrête au milieu d’un mot — sur « innovat… ». La liste des domaines qui ouvrent la voie à 1 an n’est donc pas établie ici : on y lit la finance, les sciences et la technologie, et la suite est coupée. Notre fiche interne résume ces domaines en une formule courte, mais c’est un résumé maison, pas le texte.
Si ton dossier repose sur la voie à 1 an, fais vérifier le domaine exact sur le texte, pas sur cette page.
Ce que ça change quand tu déposes vraiment
Notre fiche de connaissance décrit la procédure sous un intitulé explicite — « depuis décret 219/2025 ».
Un formulaire unique côté employeur. La demande, la description du poste et la justification du recrutement passent par le même document.
Un dépôt provincial, et un délai légal qui n’est pas le délai réel. Le délai légal est de dix jours ouvrables. L’écart entre les grandes villes et les provinces est une réalité de terrain, pas une règle de droit — ne construis pas ton calendrier sur les dix jours.
Un permis qui reste attaché à un employeur. C’est un point que notre fiche répète en trois endroits — sa procédure, ses alertes et sa FAQ : changer de société, de poste ou de province n’est pas une formalité qu’on régularise après coup.
Repérer une page qui décrit l’ancien régime
Il y a une méthode simple, et elle ne demande aucune connaissance juridique : regarder quel texte la page cite.
Nous tenons pour ce sujet une liste courte de signaux d’alerte, celle-là même que nos propres contrôles surveillent :
Une page qui, en 2026, écrit au présent « le décret 152/2020 prévoit… », « le dossier se dépose au MOLISA » ou « il faut trois ans d’expérience » ne se trompe pas de nuance : elle décrit un régime mort le 7 août 2025. Ça vaut aussi pour les intermédiaires qui te citent ces textes de vive voix.
Ce que cet article n’établit pas
Trois trous, déclarés plutôt que comblés.
- Les exemptions. Le décret 219/2025 traite bien des cas d’exemption de permis, mais nous ne détenons aucun extrait de ce volet : ni la liste des cas, ni ce qui les distingue du régime précédent.
- La numérotation des articles. Nos extraits ne portent pas les numéros d’article du décret. Cette page ne t’en donnera donc aucun — un numéro d’article approximatif est pire qu’aucun, parce qu’il donne l’air d’une vérification qui n’a pas eu lieu.
- Les montants. Frais de dossier, amendes, coûts d’agence : les chiffres que porte notre fiche viennent du guide d’origine, pas du texte du décret, et ils n’ont pas été reconfrontés au 219. Ils ne figurent pas ici pour cette raison.
À cette date, rien dans nos sources ne dit que le décret 219/2025 aurait modifié les visas eux-mêmes : les symboles LĐ1 et LĐ2, leurs durées et l’accès à la carte de résidence relèvent d’un autre texte.
Où aller ensuite
Pour l’état courant — les symboles de visa, leurs durées maximales, la carte de résidence temporaire et ce qui a changé sur chacun —, le référentiel visas est la page maintenue. Elle est révisée à échéance, contrairement à cet article.
Elle a sa limite, et elle l’écrit elle-même :
Si ton dossier est en cours, la seule chose à vérifier en priorité est celle-ci : la personne ou l’agence qui te conseille travaille-t-elle sur le 219, ou sur le 152 ? La réponse se demande en une phrase, et elle t’évite de construire un dossier sur un texte abrogé.