Capital 100 % étranger au Vietnam : trois régimes, pas deux
État observé au . Un article n’est pas mis à jour : il est daté.
Tu poses la question en oui ou non. Le droit vietnamien ne répond pas en oui ou non — il répond par un régime, et ce régime dépend de l’activité exacte que tu comptes exercer. Voici ce que nous pouvons établir au 10 août 2026, et ce que nous ne pouvons pas.
Trois régimes, et c’est le troisième qui manque à tout le monde
La liste qui commande l’accès des investisseurs étrangers au marché vietnamien est l’annexe I du décret 96/2026.
Presque toutes les pages francophones la lisent en deux colonnes : ouvert, fermé. Cette lecture ne peut pas rendre le droit.
| Régime | Ce que porte l’annexe I | Effet pour toi |
|---|---|---|
| A — fermé | 23 entrées | aucun accès au marché |
| B — conditionné | 62 entrées | accès soumis aux conditions de l’entrée |
| Non listé | tout le reste | ouvert, aucune restriction d’accès au titre de l’annexe I |
Le troisième régime est le plus important pour toi, et c’est celui qu’aucune liste ne montre : une activité absente de l’annexe n’est pas restreinte par elle. Chercher son activité dans une liste de secteurs autorisés est donc la mauvaise démarche. La bonne est l’inverse : chercher si elle y figure.
Situer ton activité, pas ton secteur
Ce qui décide n’est pas le mot français par lequel tu décris ton projet, c’est le code d’activité que tu déposeras.
Le tourisme en donne la démonstration la plus nette : un seul mot français, trois régimes différents dans l’annexe.
L’activité d’agence de voyage est fermée, sauf le tourisme international entrant. La promotion touristique est conditionnée, sous une autre entrée. Les services touristiques le sont aussi, sous une troisième. Dire « je veux monter dans le tourisme » ne détermine rien : c’est l’entrée précise qui décide.
Même piège côté postal, où deux entrées coexistent :
Trois idées reçues, et nous avons servi les trois
Notre propre fiche de référence les portait jusqu’au 9 août 2026. Elles sont retirées.
« Tourisme et services postaux : coentreprise obligatoire. » Faux dans les deux cas. Ces activités-là ne sont pas ouvertes sous condition de partenaire local : elles sont fermées.
« L’e-commerce est ouvert, hors logistique. » La vente en ligne n’est pas l’exploitation d’une plateforme, et c’est la seconde qui est conditionnée.
« Les services B2B et le conseil sont ouverts. » Une partie l’est, une partie non — et la partie conditionnée est précisément celle que les expatriés francophones montent le plus souvent.
Une seule affirmation a résisté à la vérification, et il vaut la peine de la dire :
Si ton projet est une agence digitale, un studio logiciel, une activité de service numérique, tu n’es pas dans l’annexe. C’est la réponse la plus proche d’un « oui » que ce texte permette.
Les conditionnés qui surprennent
Cinq familles où l’on croit couramment être libre, et qui figurent en régime B :
L’immobilier en entier, pas seulement l’immobilier touristique. L’audit, la comptabilité et la fiscalité. Les services juridiques. Le postal et les télécoms, la logistique, la construction. L’assurance, la banque, les titres, l’éducation, la santé et les services sociaux.
Conditionné ne veut pas dire interdit. Ça veut dire que l’entrée porte des conditions, et qu’il faut les lire avant de compter sur quoi que ce soit.
Ce que nous ne pouvons pas te dire
Et nous ne le remplacerons pas par une règle qui en aurait l’allure.
Les conditions de chaque entrée du régime B, nous ne les tenons pas. Notre lecture a établi la carte, pas son détail.
Conséquence directe, et c’est la plus utile de cette page : nous ne publions aucun plafond de détention étrangère. Ni pour la logistique, ni pour le transport, ni pour la distribution. Les chiffres de ce genre que nous avions venaient du régime précédent, qui n’est plus en vigueur ; nous les avons retirés sans leur en substituer d’autres. Si une page t’annonce un plafond chiffré pour ton secteur, demande-lui l’entrée de l’annexe et la date de sa lecture.
Deux chiffres qui circulent, et que nous refusons de servir. Le premier est une proportion d’activités prétendument ouvertes ; aucune source ne la porte, et elle se confond dangereusement avec le nombre d’entrées de l’annexe.
Le second est un nombre de secteurs conditionnés qui auraient été supprimés par la réforme.
Pourquoi une page vérifiée au printemps peut être fausse aujourd’hui
C’est le piège propre à ce sujet, et il n’a rien d’exotique : le texte est entré en vigueur en deux temps.
Une page écrite entre mars et juin pouvait donc être exacte à sa date et fausse aujourd’hui, sans que rien ne se voie. La nôtre était dans ce cas. Et lorsque deux textes divergent sur les secteurs conditionnés, la loi sur l’investissement l’emporte :
Un point que nos propres notes avaient déformé, au passage : le certificat d’enregistrement d’investissement n’a pas disparu de la réforme.
Si ton activité n’est pas listée, n’invente pas de contrainte
C’est l’erreur symétrique de celle qui consiste à se croire ouvert. Prendre un associé vietnamien par précaution, quand rien ne l’impose, se paie :
Trois questions, dans cet ordre, et tu sauras où tu te situes. Quelle est mon entrée exacte, en code d’activité et pas en mot français ? Figure-t-elle dans l’annexe I ? Si oui, dans quelle section, et quelles conditions porte cette entrée-là ?
Où lire l’état courant
Cet article date une observation ; il ne sera pas mis à jour. Le thème entreprise et investissement n’a pas encore son guide sur ce site — c’est une lacune assumée et elle est la conséquence directe de ce qui précède : nous n’écrirons pas un état courant sur des conditions que nous n’avons pas lues.
En attendant, la page entreprendre au Vietnam rassemble nos ressources pour les fondateurs, et le simulateur d’implantation t’aide à cadrer capital, forme juridique et calendrier. Pour une entrée précise de l’annexe, parle à quelqu’un qui l’aura lue — c’est exactement le genre de question où un renvoi vaut mieux qu’une réponse.